La Guadeloupe en Traduction

Le blog bilangue d'une traductrice du français vers l'anglais en Guadeloupe

Colombo de poulet

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Chicken ColomboNous entendons l’appel de nos mères. Il est l’heure du repas. Par petites bandes nous convergeons vers elles. Chacun partage son manger avec tout le monde. Je m’installe sur une grosse pierre couverte par un ombrage et j’enfourne un délectable colombo. Hosanna au plus haut des cieux ! Qui ne connait pas cette faim particulière que donne la rivière ne peut comprendre combien un repas peut être la pulpe succulente du bonheur. Saveur du pain ! Saveur du colombo ! Saveur d’une pomme-cannelle ! O saveurs !

Ernest Pépin, Coulée d’or

Le colombo décrit une sorte de ragoût au curry local, un plat qui a ses origines par les indiens engagés transportés aux Antilles françaises à la fin du XIXème siècle pour remplacer les esclaves récemment libérés sur les habitations . La recette suivante est de Francile, Capesterrienne d’origine indienne.

INGREDIENTS
2 kg de poulet, en morceaux, nettoyés
4 pommes de terre
4 bilimbis
1 oignon
4 gousses d’ail
2 citrons verts
1-2 cuillères à soupe de vinaigre
1 paquet de massale
2 cuillères à soupe de graines à roussir
½ cuillère à soupe de poudre colombo

  1. Mettre le poulet dans un grand récipient. Ajouter le jus d’un citron vert, 2 gousses d’ail râpées, ½ paquet massale, sel et poivre. Laisser mariner pendant la nuit.
  2. Faire chauffer une poêle sans matière grasse. Ajouter les graines à roussir et faire griller. Ecraser avec mortier et pilon jusqu’à obtention d’une poudre fine.
  3. Hacher l’oignon et les deux gousses d’ail.
  4. Faire chauffer de l’huile dans un fait tout. Ajouter l’oignon et l’ail hachés et les graines à roussir en poudre. Faire revenir 5 minutes.
  5. Ajouter ½ restant de massale dans le fait tout. Faire revenir 5 minutes.
  6. Ajouter les morceaux de poulet et faire dorer pendant 5 minutes.
  7. Pendant ce temps, laver les 4 pommes de terre, en laissant la peau et les couper en grands morceaux. Laver et couper en morceaux les bilimbis.
  8. Mettre les pommes de terre et bilimbis dans le fait tout. Ajouter assez d’eau pour presque couvrir. Couvrir et laisser mijoter sur feux fort pendant 45 minutes. Rajouter de l’eau si nécessaire.
  9. Ajouter la poudre colombo et le jus d’un citron vert. Laisser mijoter encore 30 minutes à feu doux.
  10. Servir bien chaud avec du riz.

Vous pouvez remplacer le poulet avec la même quantité de cabri, et les pommes de terre avec des aubergines.

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Written by May

February 28th, 2014 at 7:51 pm

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Des chinois en Guyane et en Martinique; des Guyanais et des Martiniquais en Chine (1/2)

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A chinese shop in Basse-Terre, GuadeloupeIl y a apparemment 98 millions de Chinois dans le monde. On en trouve 50 000 dans la Caraïbe ensoleillée avec plus de la moitié en Jamaïque et à Cuba. Environ 7 000 Chinois vivent en Guyane française, 1 000 en Martinique, et 100 en Guadeloupe.

Ce sont les chiffres donnés dans le documentaire en deux parties intitulé « Des chinois en Guyane et en Martinique » et « Des Guyanais et de Martiniquais en Chine ». Ces chiffres ont sûrement augmenté depuis la production du documentaire en 2009. C’est certainement le cas en Guadeloupe, où, lors de sa visite en 2011, l’Ambassadeur de Chine en France a donné le chiffre de 300.

Il est probable que la taille restreinte de la communauté chinoise aux Antilles contribue au manque de connaissance sur son origine et son histoire par les Antillais et aussi par les membres de la communauté eux-mêmes. Ce documentaire se veut un remède.

La première partie se concentre sur les 3 périodes distinctes de l’immigration chinoise en Guyane et en Martinique : au milieu des années 1800 et 1900, et à partir de 1980.

Les premiers immigrés ont quitté la Chine pour fuir le conflit et la famine. Beaucoup sont arrivés comme travailleurs gagés. À l’exception connue du Docteur Yang-Ting, ancêtre de l’un des scénaristes. On a conclu que les chinois remplaçaient mal les esclaves nouvellement libérés, ne convenant guère au travail sur les habitations, trop étrangers pour s’intégrer à la société. Cependant, ces immigrés ont fini par s’assimiler : par des unions avec des antillais, puis en ayant des enfants, ainsi qu’avec la création de commerces.

Certains immigrés composant la deuxième vague sont arrivés suite aux bouleversements de la guerre civile en Chine ; d’autres sont arrivés pour les meilleures perspectives économiques. Ho Hie Hen en était un, arrivant en Martinique in 1935 après un passage en Guyane. Il a débuté avec une petite épicerie dans un quartier populaire de Fort-de-France. Ses affaires se sont développées progressivement et de façon remarquable. Présidé aujourd’hui par ses enfants, le Groupe Ho Hie Hen réalise un chiffre d’affaires de 400 millions d’euros.

En effet, beaucoup d’immigrants chinois ont trouvé la réussite dans le commerce. C’est clairement le cas en Guyane, où, selon le narrateur, « on ne va pas faire ses courses; on va chez le chinois ». Les immigrants chinois peuvent ouvrir des magasins partout en France, mais ici aux Antilles, on les appelle « bazars chinois », l’origine du nom sûrement autant due à la quantité et à la variété des marchandises qu’au fouillis ordonné de son étalage.

Le bazar chinois a été une caractéristique commune du paysage local et le sera encore car il reste le chemin emprunté pour les nouveaux arrivés. Cependant, il serait très réducteur de confiner les Chinois des Antilles au bazar (ou au restaurant asiatique, d’ailleurs). Les personnes interviewées dans la première partie du documentaire ne témoignent pas seulement d’une intégration réussie, mais également de la diversité de l’héritage chinois en Martinique et Guyane.

« Des chinois en Guyane et en Martinique ; des Guyanais et des Martiniquais en Chine », produit par Les Productions de la Lanterne, écrit par Jeanne Yang Ting, Marie-George Thébia et Jil Servant, et réalisé par Jil Servant.

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Written by May

December 29th, 2013 at 5:49 pm

Meilleurs vœux pour 2014

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Best wishes for 2014

Written by May

December 24th, 2013 at 12:47 pm

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Les Outre-Mer et l’International : Quelle place dans le mode globalisé ?

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Vue of Gourbeyre from La Soufrière, Guadeloupe

L’économie de la Guadeloupe est quelque chose qui me fascine. Sur une petite île, il y a moins de pièces mobiles dans la machine économique. Cependant, la rudesse de sa conception dément un système très complexe et extrêmement sensible. L’économie locale est pleine de potentiel : elle est à la fois une fusée qui s’apprête au décollage et une bombe à retardement qui avance vers la destruction.

C’est donc avec intérêt que j’ai pris le livre de Remy Louis Budoc, Les Outre-Mer et l’international : Quelle place dans le monde globalisé ? Sorti en début d’année, le livre est une analyse des rapports économiques de territoires français d’outre-mer: les organisations, les acteurs, les enjeux. C’est aussi une supplication pour davantage de coopération régionale, qu’il estime vitale pour exploiter la puissance de la globalisation.

Malheureusement, une coopération régionale plus conséquente affronte plusieurs défis. Un obstacle majeur est que la représentation de la Guadeloupe se fait par le gouvernement national à presque 7 000 km. Seul le gouvernement de la France peut conclure des accords avec d’autres nations. Cependant, ce sont les autorités locales qui connaissent le terrain, qui maîtrisent mieux les dossiers, et qui ont plus à y jouer.

Jusqu’à récemment, il n’y avait pas beaucoup d’intérêt pour créer et maintenir ces liens. Comme Robert Valerius l’a écrit dans son livre La Guadeloupe d’en-France, la Guadeloupe croyait que ses liens avec la France étaient les seuls valables.

Et bien sûr, il faut que je souligne que Buduc considère que la langue est une difficulté. Il écrit : « Dans les relations interrégionales comme ailleurs, il faut savoir parler le langage de son interlocuteur. »

Budoc a prévu un livre d’une « analyse pragmatique ». Il tient sa parole avec une proposition de plusieurs solutions, qui vont de modeste et faisable (ex., organisation régulière de forums de banquiers nationaux et internationaux à l’outre-mer) au plus ambitieuse et onéreuse (ex., changement des lois européennes pour admettre les territoires d’outre-mer comme membres du GECT). Budoc vise manifestement haut, mais il ne semble pas qu’il soit au dessus du sale boulot de la négociation réelle. On arrive à la fin du livre avec l’impression distincte qu’il s’agit d’un homme qui avait une place à la table.

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Written by May

October 4th, 2013 at 9:33 am

Vocabulaire d’Outre-Mer: Canne à sucre

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Beautiran trail, GuadeloupeEncore une entrée du « Vocabulaire d’Outre-Mer » du Monde.

Another entry from Le Monde’s “Vocabulaire d’Outre-Mer”:

Sugar cane

Native to Asia, this plant is cultivated for its stalk, from which sugar is extracted. In the Middle Ages, sugar was bought and sold in Europe by the Italian trading cities of Genoa and Venice, imported at first from Asia and then produced domestically on Mediterranean islands. Sugar cane was subsequently imported to the West Indies, starting from the second voyage of Christopher Columbus, in 1493. Since the climate was highly favorable to the cultivation of cane, production spread quickly throughout the region. The backbreaking and onerous work of growing cane required a large servile workforce. The transatlantic slave trade developed to meet this demand. “Sugar would be too expensive, if we didn’t grow the cane with slaves,” remarked Montesquieu in “The Spirit of the Laws”. The cultivation of cane brings enormous wealth to the colonies. However, following the British blockade that cuts ties between metropolitan France and the West Indies during the Napoleonic era, sugar extracted from beets, which is less flavorful but less expensive, captures the European market. This competition plunges the sugar-producing colonies into a period of stagnation, and government authorities decide to maintain the monoculture of sugar, preventing the colonies from gaining self-sufficiency that could have offered a path to independence.

Written by May

July 15th, 2013 at 5:00 pm

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Lettres d’Outre-Mer

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Lettres d'Outre-MerL’une des rares BDs qui présente la Guadeloupe est Lettres d’outre mer d’Eric Warnauts et Raives.

Jean, un jeune et brillant journaliste installé à Paris, est fou amoureux de sa femme qui meurt soudainement d’un anévrisme cérébral. Rangeant ses affaires, il s’étonne de trouver des lettres d’amour adressées à sa femme depuis la Guadeloupe. Jean vient sur l’île pour trouver l’homme et des réponses.

Jean découvre la Guadeloupe des cartes postales avec ses plages de sable blanc et les madras colorés, mais il découvre également le passé sombre et les réalités dures qui existent à l’envers du décor.

Ce que j’aime beaucoup dans ce livre est les visages expressifs qui semblent saisir la quintessence d’un personnage, d’un sentiment. Les lieux aussi sont illustrés avec un œil affûté. Je reconnais la Guadeloupe dans ces pages.

Ce que je préfère ce sont les scènes de Basse-Terre. Je connais bien ses rues et ses quartiers alors c’est génial de les voir dans ces pages.

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Written by May

May 2nd, 2013 at 11:05 am

Pancakes et crêpes à la farine de banane plantain

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plantain flour crepes and pancakes

Il n’y a rien de plus merveilleux qu’un petit déjeuner dominical extravagant, meilleur quand c’est fait soi-même. Quand je vivais encore sous le même toit que mes sœurs, c’était des pancakes ou des crêpes. Ici, en Guadeloupe, je peux faire les deux avec de la farine de banane plantain locale.

La farine est un peu cendreuse quand on fait la comparaison avec la farine de blé. Les graines de plantain ne sont pas enlevées avant d’être transformées en farine alors il y a de toutes petites particules noires. Cela donne à la pâte et aux pancakes et crêpes une couleur plus foncée. L’odeur de la farine de plantain est aussi différente ; elle est légèrement sucrée, curieusement aigre. Après cuisson, il n’y a aucun goût de banane, bien que les pancakes semblent plus denses.

La première recette est adaptée d’une recette pour des pancakes à la farine de plantain de Barry Farm, un agriculteur dans l’Ohio qui vend un grand assortiment d’alternatives à la farine de blé.

Pancakes de farine de banane plantain

Ingrédients
150 g farine de banane plantain
1 sachet de levure chimique
une pincée de sel
15 g de sucre
1 œuf
2 cuillerées à soupe d’huile
0.15 L de lait

  1. Dans un bol de taille moyen, passer au tamis la farine, la levure chimique et le sel. Mettre de côté. Dans un deuxième bol de taille moyen, faire battre l’œuf, le sucre, l’huile et le lait. Incorporer le mélange de farine jusqu’à ce que ce soit homogène. Ne pas trop mélanger.
  2. Ajouter une petite quantité de graisse dans une poêle ou une plaque en fonte. Une fois chaud, mettre la pâte dans la poêle ou la plaque avec une cuillère. Laisser cuire jusqu’à la formation de bulles dans le pancake et jusqu’à ce que le dessous soit doré. Retourner et faire cuire jusqu’à dorer les deux côtés. Servir immédiatement.

La deuxième recette est adaptée d’une recette de ma sœur J pour des crêpes faites avec de la farine de blé. J’ai fait une substitution à une proportion de 1 à 1.

Crêpes à la farine de banane plantain

Ingrédients
25 g de farine de banane plantain
10 g sucre
0.08 L de lait
1 œuf
1 pincée de sel

  1. Dans un bol de taille moyenne, faire battre le sucre, le lait et l’œuf. Passer au tamis la farine et le sel, puis mélanger jusqu’à ce que ce soit homogène. Ne pas trop mélanger.
  2. Ajouter une petite quantité de graisse dans une poêle. Une fois chaud, mettre la pâte dans la poêle avec une cuillère. Tourner la poêle afin d’obtenir une couche fine et régulière. Laisser cuire jusqu’à décollement de la crêpe de la poêle, 1-2 mins environ. Puis, retourner délicatement et faire cuire encore 1-2 mins environ. Servir immédiatement.

Vous avez maintenant deux recettes sans blé pour un petit déjeuner dominical extravagant !

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Written by May

March 21st, 2013 at 10:25 am

Two Years in the French West Indies

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Une capresse, Two Years in the French West IndiesDeux années dans les Antilles françaises de Lafcadio Hearn est un compte rendu intime de la vie en Martinique au tournant du XIXème siècle. Hearn, un journaliste pour des quotidiens de Cincinnati puis de La Nouvelle Orléans, avait captivé les lecteurs américains avec ses descriptions de la culture et de la société nouvelle-orléanaises dans ses articles qui ont paru dans Harper’s Weekly, une revue nationale. Harper’s croyait qu’il ferait pareil pour les Antilles françaises et l’ont missionné en Martinique en 1887. Comptant y passer quelques mois, Hearn restera deux ans, étant enchanté par l’île qu’il nomme Le Pays de Revenants. Hearn dépeint d’une manière saisissante la vie quotidienne dans et autour de Saint Pierre, des madras colorés des femmes créoles aux porteuses aux pas légers, des prix au marché aux contes traditionnels d’une société superstitieuse. Ces descriptions sont d’autant plus précieuses que la ville sera complètement détruite des années après par l’éruption de la Montagne Pelée. Deux années est sauvé du simple exotisme caribéen par une certaine perception et une sensibilité qui étaient plutôt étonnants pour son temps. Le charme du peuple et de l’endroit vous fera regretter qu’il ne soit pas resté plus longtemps.

Le livre en anglais appartient au domaine public et peut être téléchargé sur Project Gutenberg.

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Written by May

January 7th, 2013 at 3:41 pm

Meilleurs vœux pour 2013

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Best wishes for 2013

Written by May

December 20th, 2012 at 8:57 am

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Vocabulaire d’Outre-Mer: Béké

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Overseas Glossary: Béké

Encore une entrée du « Vocabulaire d’Outre-Mer » du Monde.

 

Another entry from Le Monde’s “Vocabulaire d’Outre-Mer”:

Béké

A term designating a small minority of White creoles in Martinique, descendants of rich slave-holding colonists from Europe who settled in the Caribbean often centuries ago, and who control a large share of the economic power in the French West Indies. The term appeared during the era of the French Revolution. Its etymology remains vague: some believe that the term comes from the regular use of the expression “Eh bé qué?” (“Et bien quoi?”, meaning “And what?”) or a deformation of the locution blanc créole, becoming B.K. then béké. Others lend support for the abbreviation of the term blanc du quai, or White man from the quay. Békés are distinguished from métros, recent arrivals from metropolitan France, with whom there is little mixing. The Békés dominance of the economy, discernible in large retail sector, is a source of complaint by Martinican and Guadeloupean activists who stigmatize the group’s arrogance and prejudices maintained from the slave era.

Written by May

November 14th, 2012 at 6:51 pm