Archive for March, 2011
Thalassa en Guadeloupe

Thalassa, le magazine de la mer sur France 3, est une grosse affaire chez nous. L’émission de cette semaine est animée de Guadeloupe. Bien que les grands sujets ne traitent pas de la Guadeloupe, l’île est présentée dans des mini-reportages. Voici la vidéo.
Le bokit

Les immanquables bokits sont vendus dans des camionnettes et des cabanes au bord des plages et sur les places des villes un peu partout sur l’île. Il paraît que le bokit a des origines guadeloupéennes; toutefois on le trouve dans toutes les Antilles françaises.
Alors, c’est quoi, un bokit ? Les Guadeloupéens eux-mêmes aiment dire qu’il est le hamburger local, mais les ressemblances s’arrêtent au fait qu’ils sont tous les deux ronds. Le guide Michelin le décrit comme « un sorte de gros beignet fourré de légumes, de morue ou de tout ce qu’on veut à la manière des pans-bagnats ». Mais je trouve cette définition très vague, sans parler que ce n’est pas très appétissant (ça vous dit, un beignet à la morue?). Je tends à croire que la définition reflète la manque d’imagination des Français quand il s’agit des sandwiches ; si ce n’est pas sur une baguette, ce n’est pas un sandwich.
Une recette typique pour les bokits : il faut avoir de la farine, de la matière grasse (beurre, margarine, huile, saindoux), et du ferment. Les ingrédients sont mélangés, pétris, et roulés en forme de disques. Ceux-ci sont frits dans l’huile. Si c’est réussit, le pain est croustillant et feuilleté à l’extérieur, et moelleux à l’intérieur. Le pain est fendu en deux, et fourré avec des farcis variés, le plus authentique étant la morue émiettée ou le poulet boucané. Mais on trouve souvent aussi jambon fromage et ce qu’on appelle des saucisses traditionnelles Alsaciennes, mais – je ne me suis pas fait avoir – qui sont en fait des hotdogs.
On trouve le pain frit partout dans la Caraïbe et on fait souvent la comparaison entre le bokit et les « johnny cakes » de St. Martin, ou « festival bread » de Jamaïque. Toutefois, ceux-là ont un goût décidément différent car ils sont faits avec de la farine de maïs.
Les bokits sont, alors, plutôt uniques. Bien que je n’aie aucune preuve sauf mes propres observations, je pense que les bokits sont liés au pain indien paratha. La ressemblance entre les deux n’est pas un hasard, car beaucoup de plats ici ont été influencés par les Indiens qui ont immigrés à la fin du XIXème siècle.
Manœuvres de surf
Guadeloupe Janvier 2011 – Arthur Bourbon from arthur Bourbon on Vimeo.
Le surf, comme tout sport, utilise une terminologie spécialisée, et aboutit à une langue unique qui est quasiment indéchiffrable pour les exclus. Le fait que le sport soit relativement jeune, et avec la contre culture enracinée à son ADN, produit des termes complètement aléatoires, parfois descriptifs, mais souvent hauts en couleurs. En feuilletant le dernier numéro du magazine de surf français, Surf Session (qui fête ses 25 ans), j’ai trouvé leur article sur l’évolution des manœuvres du surf ces 25 dernières années. Ne laissez pas le texte rose fluo et les filles presque nues sur les pages précédentes vous tromper : c’est du extrêmement technique. Peu importe que ces termes soient en anglais même quand le texte est en français. Je pourrais lire le même article en traduction et j’aurais le même niveau de compréhension. Voici un aperçu:
Justement, c’est en multipliant les différents grabs que les surfeurs cherchent encore à se différencier et à gagner en style ces temps-ci. Out le double grab, vive le slob air où la main avant vient catcher entre les deux orteils, ou mieux encore, la main arrière qui vient choper le rail entre les talons pour un stalefish du plus bel effet.
Essayer de chercher les termes et les définitions peut vous laisser plus confus qu’avant !
grab : une manœuvre où le surfer tient la planche avec sa main/ses mains un bref instant pendant qu’il exécute une figure aérienne.
double grab : une forme de grab où le surfer tient la planche avec une main devant lui et un autre derrière lui.
slob air : une forme de grab où le surfer tient la planche devant lui avec la main avant.
stalefish : une forme de grab où le surfeur tient la planche derrière lui entre ses deux jambes avec la main arrière.
En tout cas, mon terme de surf préféré est quiver, qui veut dire carquois en anglais, et qui désigne l’arsenal des planches d’un surfeur. Un éventail des formes et tailles de planches est important pour un surfeur car les différentes conditions dans l’eau requièrent une polyvalence dans le choix de planche. Je trouve le terme très évocateur.
Premier post

Bonjour, je m’appelle May. Je suis une traductrice américaine du français vers l’anglais. J’ai grandi dans Upper West Side à New York. J’ai toujours été amoureuse de ma ville, et je considère ma vie, dans une certaine mesure, à l’aune du temps passé ailleurs : les quatre ans que j’ai passés à Ann Arbor, Michigan, pour étudier l’économie et le français. Plus tard, les deux ans passés à Kent, Ohio, pour étudier la traduction. Entretemps, je suis aussi partie en France. En 2008, j’ai déménagé en Guadeloupe, dans les Antilles françaises.
Ceci est, de différentes manières, juste un autre blog de traduction. Je ne suis pas, cependant, une autorité en la matière, alors vous ne trouverez pas de conseils ou d’astuces ici. Je ne compte pas non plus me distinguer en rendant compte des tout derniers outils et nouvelles. Le but est plutôt d’écrire sur la particularité d’être une traductrice dans la Caraïbe et de partager mon intérêt pour la traduction et la langue en général avec des gens ayant les mêmes affinités.
Et bien sûr, j’espère que vous partagerez vos pensées avec moi aussi. Dites-moi ce que vous pensez dans la section commentaire, ou envoyez-moi un email à info@mfdanis.com.
May FUNG DANIS est traductrice professionnelle du français vers l’anglais. Diplômée d’un Masters of Arts en traduction et un Bachelors of Arts en économie et en français des universités américains, elle a travaillé comme coordinatrice de projets dans une agence de traduction et comme traductrice interne avant de se lancer comme traductrice indépendante. Elle est membre de l’American Translators Association. New Yorkaise d’origine, elle s’est installée en Guadeloupe en 2008.