La Guadeloupe en Traduction

Le blog bilangue d'une traductrice du français vers l'anglais en Guadeloupe

Les Outre-Mer et l’International : Quelle place dans le mode globalisé ?

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View of Gourbeyre from Soufrière volcano, GuadeloupeL’économie de la Guadeloupe est quelque chose qui me fascine. Sur une petite île, il y a moins de pièces mobiles dans la machine économique. Cependant, la rudesse de sa conception dément un système très complexe et extrêmement sensible. L’économie locale est pleine de potentiel : elle est à la fois une fusée qui s’apprête au décollage et une bombe à retardement qui avance vers la destruction.

C’est donc avec intérêt que j’ai pris le livre de Remy Louis Budoc, Les Outre-Mer et l’international : Quelle place dans le monde globalisé ? Sorti en début d’année, le livre est une analyse des rapports économiques de territoires français d’outre-mer: les organisations, les acteurs, les enjeux. C’est aussi une supplication pour davantage de coopération régionale, qu’il estime vitale pour exploiter la puissance de la globalisation.

Malheureusement, une coopération régionale plus conséquente affronte plusieurs défis. Un obstacle majeur est que la représentation de la Guadeloupe se fait par le gouvernement national à presque 7 000 km. Seul le gouvernement de la France peut conclure des accords avec d’autres nations. Cependant, ce sont les autorités locales qui connaissent le terrain, qui maîtrisent mieux les dossiers, et qui ont plus à y jouer.

Jusqu’à récemment, il n’y avait pas beaucoup d’intérêt pour créer et maintenir ces liens. Comme Robert Valerius l’a écrit dans son livre La Guadeloupe d’en-France, la Guadeloupe croyait que ses liens avec la France étaient les seuls valables.

Et bien sûr, il faut que je souligne que Buduc considère que la langue est une difficulté. Il écrit : « Dans les relations interrégionales comme ailleurs, il faut savoir parler le langage de son interlocuteur. »

Budoc a prévu un livre d’une « analyse pragmatique ». Il tient sa parole avec une proposition de plusieurs solutions, qui vont de modeste et faisable (ex., organisation régulière de forums de banquiers nationaux et internationaux à l’outre-mer) au plus ambitieuse et onéreuse (ex., changement des lois européennes pour admettre les territoires d’outre-mer comme membres du GECT). Budoc vise manifestement haut, mais il ne semble pas qu’il soit au dessus du sale boulot de la négociation réelle. On arrive à la fin du livre avec l’impression distincte qu’il s’agit d’un homme qui avait une place à la table.

The economy of Guadeloupe is something that fascinates me. On a small island, there are fewer rotating gears in the economic machine  but, the rough design belies a highly complex and extremely sensitive system. The local economy is full of potential: it is simultaneously a rocket readying for lift off and a time bomb ticking towards destruction.

So it was with interest that I picked up Remy Louis Budoc’s book, Les Outre-Mer et l’international: Quelle place dans le monde globalisé? Published earlier this year, the book is an analysis of the economic relationships of France’s overseas territories: the organizations, the players, the stakes. It is also an entreaty for greater regional cooperation, which Budoc sees as key to harnessing the power of globalization.

Unfortunately, regional cooperation faces a number of challenges. A major obstacle is that Guadeloupe must be represented by the national government located more than 4,000 miles away in Paris. Only the national government of France may sign agreements with other nations. Yet clearly local officials are the ones who know the terrain, have a better grasp of the situation, and have more at stake.

Until recently, there also wasn’t much interest in creating and maintaining these relationships. As Robert Valerius wrote in his 2005 book, Guadeloupe d’en-France, Guadeloupe considered its relationship with France as the only one worth cultivating.

Of course, I have to point out that Budoc considers language as a challenge. He writes: “In inter-regional relationships as elsewhere, you must speak the language of your partner.”

Budoc had intended for the book to be a “pragmatic analysis.” He delivers by proposing a number of solutions, ranging from the modest and feasible (e.g., hosting regular forums for national and international bankers in the overseas territories) to the more ambitious and onerous (e.g., changing EU regulations to admit overseas territories as a EGTC member). Budoc clearly aims high, but it doesn’t appear that he’s above the dirty work of actual negotiation. One arrives at the end of the book with the distinct impression that this is a man who’s had a place at the table.

Written by May

October 4th, 2013 at 9:33 am

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