La Guadeloupe en Traduction

Le blog bilangue d'une traductrice du français vers l'anglais en Guadeloupe

Des chinois en Guyane et en Martinique; des Guyanais et des Martiniquais en Chine (1/2)

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A Chinese shop in Basse-Terre, Guadeloupe

Il y a apparemment 98 millions de Chinois dans le monde. On en trouve 50 000 dans la Caraïbe ensoleillée avec plus de la moitié en Jamaïque et à Cuba. Environ 7 000 Chinois vivent en Guyane française, 1 000 en Martinique, et 100 en Guadeloupe.

Ce sont les chiffres donnés dans le documentaire en deux parties intitulé « Des chinois en Guyane et en Martinique » et « Des Guyanais et de Martiniquais en Chine ». Ces chiffres ont sûrement augmenté depuis la production du documentaire en 2009. C’est certainement le cas en Guadeloupe, où, lors de sa visite en 2011, l’Ambassadeur de Chine en France a donné le chiffre de 300.

Il est probable que la taille restreinte de la communauté chinoise aux Antilles contribue au manque de connaissance sur son origine et son histoire par les Antillais et aussi par les membres de la communauté eux-mêmes. Ce documentaire se veut un remède.

La première partie se concentre sur les 3 périodes distinctes de l’immigration chinoise en Guyane et en Martinique : au milieu des années 1800 et 1900, et à partir de 1980.

Les premiers immigrés ont quitté la Chine pour fuir le conflit et la famine. Beaucoup sont arrivés comme travailleurs gagés. À l’exception connue du Docteur Yang-Ting, ancêtre de l’un des scénaristes. On a conclu que les chinois remplaçaient mal les esclaves nouvellement libérés, ne convenant guère au travail sur les habitations, trop étrangers pour s’intégrer à la société. Cependant, ces immigrés ont fini par s’assimiler : par des unions avec des antillais, puis en ayant des enfants, ainsi qu’avec la création de commerces.

Certains immigrés composant la deuxième vague sont arrivés suite aux bouleversements de la guerre civile en Chine ; d’autres sont arrivés pour les meilleures perspectives économiques. Ho Hie Hen en était un, arrivant en Martinique in 1935 après un passage en Guyane. Il a débuté avec une petite épicerie dans un quartier populaire de Fort-de-France. Ses affaires se sont développées progressivement et de façon remarquable. Présidé aujourd’hui par ses enfants, le Groupe Ho Hie Hen réalise un chiffre d’affaires de 400 millions d’euros.

En effet, beaucoup d’immigrants chinois ont trouvé la réussite dans le commerce. C’est clairement le cas en Guyane, où, selon le narrateur, « on ne va pas faire ses courses; on va chez le chinois ». Les immigrants chinois peuvent ouvrir des magasins partout en France, mais ici aux Antilles, on les appelle « bazars chinois », l’origine du nom sûrement autant due à la quantité et à la variété des marchandises qu’au fouillis ordonné de son étalage.

Le bazar chinois a été une caractéristique commune du paysage local et le sera encore car il reste le chemin emprunté pour les nouveaux arrivés. Cependant, il serait très réducteur de confiner les Chinois des Antilles au bazar (ou au restaurant asiatique, d’ailleurs). Les personnes interviewées dans la première partie du documentaire ne témoignent pas seulement d’une intégration réussie, mais également de la diversité de l’héritage chinois en Martinique et Guyane.

« Des chinois en Guyane et en Martinique ; des Guyanais et des Martiniquais en Chine », produit par Les Productions de la Lanterne, écrit par Jeanne Yang Ting, Marie-George Thébia et Jil Servant, et réalisé par Jil Servant.

There are apparently 98 million Chinese in the world. Fifty thousand of them can be found in the sun-soaked Caribbean with more than half in Jamaica and Cuba. Approximately 7,000 live in French Guyana, 1,000 in Martinique, and 100 in Guadeloupe.

Those are the figures provided by the two-part documentary titled Des chinois en Guyane et en Martinique and Des Guyanais et de Martiniquais en Chine. The numbers have surely grown since the documentary was produced in 2009. It certainly has in Guadeloupe, where, during his visit in 2011, the Chinese Ambassador to France gave the figure of 300.

The small size of the Chinese community in the French West Indies likely contributes to the lack of knowledge regarding its origins and its history by West Indians and indeed by members of the community themselves. This documentary is an attempt to remedy that situation.

Part 1 of the documentary focuses on the 3 distinct periods of Chinese immigration to Guyana and Martinique: the mid-1800s, the mid-1900s, and finally from 1980s onwards.

The earliest immigrants left China to escape conflict and famine. Most came as bonded labor. The well-known exception was a certain Dr. Yang-Ting, ancestor to one of the documentary’s writers. The Chinese were found to be poor replacements for newly freed slaves: ill-suited for work on plantations and too foreign to integrate into society. However, these immigrants eventually did assimilate, by marrying local people, having families, and creating businesses.

Some of the immigrants forming the second wave came after the political upheavals of the Chinese civil war; others came for better economic prospects. Ho Hie Hen was one such immigrant, arriving in Martinique in 1935 after a brief stay in Guyana. He began with a small shop in a working class neighborhood of Fort-de-France. His business grew progressively and remarkably. Now run by his children, the Ho Hie Hen Group is a €400 million business.

Indeed, many immigrant Chinese have found success in trade. This is particularly true in Guyana, where, according to the narrator, “You don’t do your shopping, you go to the Chinese store.” Chinese immigrants may open stores anywhere in France, but here in the French West Indies such a store is referred to as bazaar chinois, so named in French for the quantity and variety of merchandise as much as for the organized jumble of its display.

The bazaar chinois has been a common feature of the local landscape and will continue to be since it lays on the well-trod path for new immigrants. But it would be highly reductive to confine the French West Indian Chinese to the bazaar (or to the Chinese restaurant, for that matter). Those interviewed for Part 1 of this documentary are not only testament to successful integration, but also to the diversity of Chinese heritage in Martinique and Guyana.

Des chinois en Guyane et en Martinique; des Guyanais et des Martiniquais en Chine was produced by Les Productions de la Lanterne, written by Jeanne Yang Ting, Marie-George Thébia and Jil Servant, and filmed by Jil Servant.

Written by May

December 29th, 2013 at 5:49 pm

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