La Guadeloupe en Traduction

Le blog bilangue d'une traductrice du français vers l'anglais en Guadeloupe

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Les kassavs

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Des kassavs au coco, Guadeloupe

La cuisine est  toujours associée au souvenir. Certains plats, plus que d’autres, sont souvent facilement liés à un sentiment de nostalgie. Je pense que pour beaucoup de Guadeloupéens, la kassav évoque une époque plus simple, des souvenirs doux d’enfance.

Les kassavs, de « cassava » l’anglais pour manioc, sont des petites galettes faites de cette racine broyée, et grillées sur une platine en fer. On les mange nature ou fourrées d’une farce sucrée ou salée : coco râpé sucré, confiture de goyave, jambon-fromage, morue.

On peut trouver des stands de kassavs partout en Guadeloupe. J’achète les miennes chez Josie, qui les vend de son camion au rond-point de Versailles vers la Route de la Traversée. Il est bien possible que ce sont les meilleurs kassavs dans toute la Guadeloupe. Elle les fait fraîches, une à la fois, en prenant les commandes au fur et à mesure. Elle travaille avec rapidité, mais la queue est parfois longue. Il semble toujours y avoir un paquet de clients. Elle vous les donne toutes chaudes directement de la platine, donc le défi est d’attendre de prendre cette première bouchée.

Il faut les manger toutes fraîches. Le lendemain, elles semblent prendre la consistance du pain rassis. Si vous insistez, vous pouvez réchauffer la kassav de la veille dans le four ou avec un bain-marie. Le four vous procurera une kassav croquante comme un biscuit sec, tandis que le bain-marie vous donne une kassav tendre.

Une kassav fraîche est extrêmement satisfaisante. C’est vrai si vous en avez mangé depuis votre toute jeune enfance, mais aussi si c’est votre première. Une fois consommée, il n’y a plus qu’à pousser un soupir de ne plus en avoir.

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Written by May

October 15th, 2015 at 7:42 pm

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Colombo de poulet

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Chicken ColomboNous entendons l’appel de nos mères. Il est l’heure du repas. Par petites bandes nous convergeons vers elles. Chacun partage son manger avec tout le monde. Je m’installe sur une grosse pierre couverte par un ombrage et j’enfourne un délectable colombo. Hosanna au plus haut des cieux ! Qui ne connait pas cette faim particulière que donne la rivière ne peut comprendre combien un repas peut être la pulpe succulente du bonheur. Saveur du pain ! Saveur du colombo ! Saveur d’une pomme-cannelle ! O saveurs !

Ernest Pépin, Coulée d’or

Le colombo décrit une sorte de ragoût au curry local, un plat qui a ses origines par les indiens engagés transportés aux Antilles françaises à la fin du XIXème siècle pour remplacer les esclaves récemment libérés sur les habitations . La recette suivante est de Francile, Capesterrienne d’origine indienne.

INGREDIENTS
2 kg de poulet, en morceaux, nettoyés
4 pommes de terre
4 bilimbis
1 oignon
4 gousses d’ail
2 citrons verts
1-2 cuillères à soupe de vinaigre
1 paquet de massale
2 cuillères à soupe de graines à roussir
½ cuillère à soupe de poudre colombo

  1. Mettre le poulet dans un grand récipient. Ajouter le jus d’un citron vert, 2 gousses d’ail râpées, ½ paquet massale, sel et poivre. Laisser mariner pendant la nuit.
  2. Faire chauffer une poêle sans matière grasse. Ajouter les graines à roussir et faire griller. Ecraser avec mortier et pilon jusqu’à obtention d’une poudre fine.
  3. Hacher l’oignon et les deux gousses d’ail.
  4. Faire chauffer de l’huile dans un fait tout. Ajouter l’oignon et l’ail hachés et les graines à roussir en poudre. Faire revenir 5 minutes.
  5. Ajouter ½ restant de massale dans le fait tout. Faire revenir 5 minutes.
  6. Ajouter les morceaux de poulet et faire dorer pendant 5 minutes.
  7. Pendant ce temps, laver les 4 pommes de terre, en laissant la peau et les couper en grands morceaux. Laver et couper en morceaux les bilimbis.
  8. Mettre les pommes de terre et bilimbis dans le fait tout. Ajouter assez d’eau pour presque couvrir. Couvrir et laisser mijoter sur feux fort pendant 45 minutes. Rajouter de l’eau si nécessaire.
  9. Ajouter la poudre colombo et le jus d’un citron vert. Laisser mijoter encore 30 minutes à feu doux.
  10. Servir bien chaud avec du riz.

Vous pouvez remplacer le poulet avec la même quantité de cabri, et les pommes de terre avec des aubergines.

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Written by May

February 28th, 2014 at 7:51 pm

Pancakes et crêpes à la farine de banane plantain

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plantain flour crepes and pancakes

Il n’y a rien de plus merveilleux qu’un petit déjeuner dominical extravagant, meilleur quand c’est fait soi-même. Quand je vivais encore sous le même toit que mes sœurs, c’était des pancakes ou des crêpes. Ici, en Guadeloupe, je peux faire les deux avec de la farine de banane plantain locale.

La farine est un peu cendreuse quand on fait la comparaison avec la farine de blé. Les graines de plantain ne sont pas enlevées avant d’être transformées en farine alors il y a de toutes petites particules noires. Cela donne à la pâte et aux pancakes et crêpes une couleur plus foncée. L’odeur de la farine de plantain est aussi différente ; elle est légèrement sucrée, curieusement aigre. Après cuisson, il n’y a aucun goût de banane, bien que les pancakes semblent plus denses.

La première recette est adaptée d’une recette pour des pancakes à la farine de plantain de Barry Farm, un agriculteur dans l’Ohio qui vend un grand assortiment d’alternatives à la farine de blé.

Pancakes de farine de banane plantain

Ingrédients
150 g farine de banane plantain
1 sachet de levure chimique
une pincée de sel
15 g de sucre
1 œuf
2 cuillerées à soupe d’huile
0.15 L de lait

  1. Dans un bol de taille moyen, passer au tamis la farine, la levure chimique et le sel. Mettre de côté. Dans un deuxième bol de taille moyen, faire battre l’œuf, le sucre, l’huile et le lait. Incorporer le mélange de farine jusqu’à ce que ce soit homogène. Ne pas trop mélanger.
  2. Ajouter une petite quantité de graisse dans une poêle ou une plaque en fonte. Une fois chaud, mettre la pâte dans la poêle ou la plaque avec une cuillère. Laisser cuire jusqu’à la formation de bulles dans le pancake et jusqu’à ce que le dessous soit doré. Retourner et faire cuire jusqu’à dorer les deux côtés. Servir immédiatement.

La deuxième recette est adaptée d’une recette de ma sœur J pour des crêpes faites avec de la farine de blé. J’ai fait une substitution à une proportion de 1 à 1.

Crêpes à la farine de banane plantain

Ingrédients
25 g de farine de banane plantain
10 g sucre
0.08 L de lait
1 œuf
1 pincée de sel

  1. Dans un bol de taille moyenne, faire battre le sucre, le lait et l’œuf. Passer au tamis la farine et le sel, puis mélanger jusqu’à ce que ce soit homogène. Ne pas trop mélanger.
  2. Ajouter une petite quantité de graisse dans une poêle. Une fois chaud, mettre la pâte dans la poêle avec une cuillère. Tourner la poêle afin d’obtenir une couche fine et régulière. Laisser cuire jusqu’à décollement de la crêpe de la poêle, 1-2 mins environ. Puis, retourner délicatement et faire cuire encore 1-2 mins environ. Servir immédiatement.

Vous avez maintenant deux recettes sans blé pour un petit déjeuner dominical extravagant !

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Written by May

March 21st, 2013 at 10:25 am

Le bokit

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Bokit poulet indien, Guadeloupe

Les immanquables bokits sont vendus dans des camionnettes et des cabanes au bord des plages et sur les places des villes un peu partout sur l’île. Il paraît que le bokit a des origines guadeloupéennes; toutefois on le trouve dans toutes les Antilles françaises.

Alors, c’est quoi, un bokit ? Les Guadeloupéens eux-mêmes aiment dire qu’il est le hamburger local, mais les ressemblances s’arrêtent au fait qu’ils sont tous les deux ronds. Le guide Michelin le décrit comme « un sorte de gros beignet fourré de légumes, de morue ou de tout ce qu’on veut à la manière des pans-bagnats ». Mais je trouve cette définition très vague, sans parler que ce n’est pas très appétissant (ça vous dit, un beignet à la morue?). Je tends à croire que la définition reflète la manque d’imagination des Français quand il s’agit des sandwiches ; si ce n’est pas sur une baguette, ce n’est pas un sandwich.

Une recette typique pour les bokits :  il faut avoir de la farine, de la matière grasse (beurre, margarine, huile, saindoux), et du ferment. Les ingrédients sont mélangés, pétris, et roulés en forme de disques. Ceux-ci sont frits dans l’huile. Si c’est réussit, le pain est croustillant et feuilleté à l’extérieur, et moelleux à l’intérieur. Le pain est fendu en deux, et fourré avec des farcis variés, le plus authentique étant la morue émiettée ou le poulet boucané. Mais on trouve souvent aussi jambon fromage et ce qu’on appelle des saucisses traditionnelles Alsaciennes, mais – je ne me suis pas fait avoir – qui sont en fait des hotdogs.

On trouve le pain frit partout dans la Caraïbe et on fait souvent la comparaison entre le bokit et les « johnny cakes » de St. Martin, ou « festival bread » de Jamaïque. Toutefois, ceux-là ont un goût décidément différent car ils sont faits avec de la farine de maïs.

Les bokits sont, alors, plutôt uniques. Bien que je n’aie aucune preuve sauf mes propres observations, je pense que les bokits sont liés au pain indien paratha. La ressemblance entre les deux n’est pas un hasard, car beaucoup de plats ici ont été influencés par les Indiens qui ont immigrés à la fin du XIXème siècle.

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Written by May

May 28th, 2012 at 8:25 am

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