La traduction

Acheter des prestations de traduction peut paraître simple. C’est le cas, si vous posez les bonnes questions. Comment s’assurer de la qualité des traductions ? Quels sont les risques d’une mauvaise traduction ? Qui engager ? Vous trouverez ci-dessous quelques principes sur la traduction à prendre en considération avant de vous lancer dans un projet.

Quels objectifs pour vos traductions ?
Mauvaise traduction = Mauvais résultats
Globish n’est pas l’anglais
Le bilinguisme ne suffit pas
S’exposer à des risques liés à la traduction
Les méfaits de la traduction automatique

Quels objectifs pour vos traductions ?

L’objet de la traduction, pour l’essentiel, est la communication. Cependant, on ne fait pas traduire pour simplement s’exprimer dans une langue étrangère, mais dans un but précis. Que ce soit une traduction pour un site web d’un groupe, un article de recherche sur la science marine ou une publicité pour un nouvel hôtel resort, votre traduction en anglais devrait vous aider à accomplir vos objectifs : présenter votre entreprise à l’international, élargir le public pour vos idées, vendre vos produits à plus de consommateurs.

Mauvaise traduction = Mauvais résultats

Des traductions médiocres sont des obstacles à la réalisation de vos objectifs. Elles donnent une première impression sans intérêt, mélangent les idées, faillissent à décrocher la vente. En effet, de mauvaises traductions pourraient aller à l’encontre de ce que vous en attendez.

Until the second millennium, the destruction of the Guianan forest was sustainable although it was not eco-certified.
—Article de presse sur le secteur du bois en Guyane
Dans un article qui tente de promouvoir les pratiques durables, il vaudrait mieux dire « timber harvesting » que « destruction of forest ».


In the aftermath of the YZ Summit, and on the eve of 2015 AB Conference, it is more important than ever for...
—Communiqué de presse pour un sommet international
Défini comme les conséquences d’un grand événement désastreux, le mot « aftermath » donne l’impression que le sommet a été une catastrophe.


To direct the visitor to the summit, fun and educational panels mark the route along a landscaped and well maintained trail.
—Brochure touristique
L’ascension difficile de 1 467 mètres jusqu’au sommet du volcan prend l’aspet d’une promenade du dimanche avec ses allées de jardin (« landscaped » trails).

Globish n’est pas l’anglais

Les traductions ci-dessus ont été vraisemblablement faites par quelqu’un qui avait des bases en anglais, mais dont ce n’était pas la langue maternelle. Or, même l’aisance orale ne garantit pas une écriture fluide et élégante.

L’anglais s’est imposé comme une langue globale, une langue de communication internationale pour toute une série d’échanges. C’est ce que l’on appelle assez volontiers le “globish”, mais qui est en grande partie une fiction parce que l’anglais d’aéroport n’a rien de commun avec l’anglais de la recherche scientifique ou celui des entreprises.
—Le Monde.

Bien que vous communiquiez facilement en anglais, ou que vous passiez beaucoup de temps dans un pays anglophone, 9 fois sur 10 on reconnaîtra vos écrits comme émanant d’un étranger. Quelle importance ? Pas trop si vos clients sont surtout motivés par le prix, ou si vous cherchez justement à vous démarquer comme non-natif. Cependant, si vous cherchez à communiquer une image professionnelle, il vous faut des textes bien écrits, agréables à lire.

Le bilinguisme ne suffit pas

Un texte mal traduit en français.
Ce formulaire a certainement été traduit par un individu bilingue, pas par un traducteur professionnel. Le français employé n’est pas idiomatique, restant trop proche de la langue source, l’anglais.

La nécessité d’un bon style est la première raison qui explique pourquoi le bilinguisme seul ne garantit pas la qualité en traduction. Le métier de traduction est avant toute chose un métier d’écriture, et les traducteurs professionnels sont capables d’écrire des textes qui transmettent l’information d’une manière efficace dans la langue cible. Ils forment un pont solide et bien bâti entre les deux langues, pour transposer l’original en un texte clair et élégant écrit dans leur langue maternelle.

Le bilinguisme est différent. L’individu bilingue parle certes deux langues couramment mais cette aptitude ne garantit pas sa capacité à transposer l’information d’une langue à l’autre, et surtout à l’écrit.

S’exposer à des risques liés à la traduction

L’acheteur derrière des traductions maladroites met en péril son image et sa crédibilité, et peut s’exposer à bien plus. En 2001, Mead Johnson Nutritionals, à l’époque une filiale de Bristol-Myers Squibb, a dû rappeler 4 millions de boîtes de lait infantile car les boîtes comportaient des consignes de préparation erronées en espagnol qui pouvaient entraîner des problèmes de santé graves, voire la mort.

Les méfaits de la traduction automatique

Ce que Google a créé est particulièrement intéressant. Mais une personne qui compterait sur cela dans une situation délicate risquerait de ne pas se faire comprendre des autres. En effet, le problème de l’usage de Google Translate pour les langues que vous ne connaissez pas est que vous ne savez pas quand il a fait une bourde.
The Economist.

Un nombre de facteurs fait que la traduction automatique est risquée :

  1. Infidélité
  2. Comme le Ministère de la Défense de Malaisie l’a appris à ses dépens, la traduction automatique peut conduire à des absurditiés. Selon une analyse, la traduction automatique ne rend des traductions justes que la moitié du temps. Même Google Translate, considéré comme le leader en traduction automatique, donne des traductions qui ne sont qu’à 83% justes. Et vous, vos clients reviendraient-ils si vous ne teniez vos engagements que 8 fois sur 10 ?

    Un exemple d’une erreur de traduction produite par la traduction automatique
    La traduction automatique n’arrive pas à reconnaître le nom propre du président de la France en exercice.

  3. Manque de confidentialité
  4. Vos textes soumis à la traduction automatique ne resteront pas confidentiels. Selon les conditions d’utilisation de Google Translate, par exemple, l’usage de leur plateforme de traduction autorise « utilisation, hébergement, stockage, reproduction, modification, création d’œuvres dérivées, communication, publication, représentation publique, affichage public ou distribution publique desdits contenus ». Le contrat de services de Microsoft pour son Bing Translation n’est pas très différent. Et vous, n’êtes-vous pas responsable de la confidentialité de vos documents ?

  5. Globish
  6. Les traductions automatiques exploitent la documentation traduite existante pour fabriquer des traductions statistiquement justes. Le résultat n’est pas aussi bon que la matière première. Les traductions des Nations Unies et de l’Union Européenne constitutent la majeure partie du corpus de la traduction automatique—c’est-à-dire des textes qui sont verbeux et alambiqués, qui emploient souvent « un vocabulaire qui diffère de toute forme reconnue de l’anglais ».

  7. Distorsion
  8. Comme cela a été signalé par un journaliste du Figaro, les pratiques malhonnêtes des sites web peuvent manipuler les algorithmes employés par les traducteurs automatiques les plus connus, comme Google Translate et Microsoft Bing, pour créer intentionnellement des traductions déformées.

    Un exemple d'erreur de traduction produite par la traduction automatique
    La traduction automatique donne la marque italienne comme la traduction anglaise du mot français « doudoune ».



Si vous n’avez jamais acheté une prestation de traduction, vous serez intéressé par la lecture de ce guide, publié par la Société Française de Traducteurs.